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Fourth thursday of the month 12 a.m- 1 p.m and saturday 2.30 p.m on Radio grenouille, Marseille
Soul, Funk, Afrobeat, Ska, Rocksteady, Jazz, Calypso, Highlife, Guitar Band, Cumbia, Salsa, Samba, gwo-ka and global stuff...
Here you'll find podcasts, interviews, photos and music, mostly from U.S.A and the Black Atlantic area, mostly from the seventies.


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15/02/2010

L’age d’or des musiques de l’Afrique Atlantique. (article publié dans le n°11 de la revue ARTISTTIK AFRICA, Afrique de l'Ouest)


Franco & l'OK Jazz face A "Marie Cécile" 45T Ngoma face A by jimmmy Franco & l'OK Jazz "Marie Eléna" 45T Ngoma face B by jimmmy

L’age d’or des musiques de l’Afrique Atlantique.


Les années 60-70 furent une période faste pour la modernisation et la « ré-africanisation » des musiques de la sous-région. Parallèlement à cette impulsion, liée aux indépendances, la communauté afro-américaine entame la lutte pour les droits civiques et pour l’accès à la citoyenneté. Ces deux mouvements sociopolitiques seront accompagnés par de nombreuses innovations sur le plan de la musique.


Le navire est un système en mouvement, micropolitique, microculturel et vivant. « Il attire immédiatement l’attention sur les différents projets d’un retour rédempteur à la patrie africaine, sur la circulation des idées et des activistes ainsi que sur le déplacement d’objets culturels et politiques fondamentaux : tracts, livres, disques et chœurs . » Avant l’apparition du disque longue durée, les bateaux sont sûrement restés les moyens de communication panafricaine les plus importants. Les grands ports de commerces de la côte Atlantique africaine voyaient régulièrement défiler des marins issus de la caraïbe comme ceux qui importèrent à Pointe-Noire (Congo-Brazza) les musiques cubaines des années 50. À l’époque, quelques dizaines de CFA suffisaient pour entendre Guillermo Portabales ou l’Orchesta Aragon sur les tournes disques des matelots de passage avant que les vinyles Ngoma ne fassent leur apparition sur les terres de Patrice Lumumba.
Wendo Kolosoy, Rossignol ou le tout jeune Franco Luambo Makiadi retrouvèrent alors dans la musique afro-cubaine (surtout mambo et cha-cha à l’époque) des sonorités qui leur n’étaient pas étrangères. De la même façon, le Ghana de N’Krumah était déjà habitué, avec le Highlife, à ce syncrétisme musical entre Jazz, musiques caraïbes (Mento et Calypso) et instrumentarium traditionnel. La voie vers une modernisation des musiques de la sous-région était toute tracée. Il ne manquait plus qu’un coup de pouce institutionnel pour organiser cette industrie balbutiante de la musique.

Entre authenticité et modernité

C’est en Guinée Conakry que cette politique « d’authenticité culturelle » va prendre une forme institutionnalisée. Le règne despotique mais éclairé d’Ahmed Sékou Touré permet de 1959 à 1984 de mener une politique musicale nationale unique en Afrique qui inspirera de nombreuses démarches dans d’autres pays de l’Afrique subsaharienne. La modernité est alors le maître mot. Une modernité qui se veut dans la continuité des racines traditionnelles qui avaient été, en partie, arrachées durant la période coloniale. En partie car les rhizomes, les racines souterraines, étaient encore vivaces en Afrique comme dans les régions peuplées par la traite et ne demandaient qu’un peu de lumière pour renaître.
Deux grands mouvements sociopolitiques vont accélérer cette renaissance, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique. La marche vers les indépendances sur le continent et le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis d’Amérique. L’un comme l’autre libère alors une pulsion créatrice jusqu’alors confinée aux ghettos afro-américains d’un côté, aux maigres espaces laissés pour la création de l’autre. La communauté Noire américaine profite de cette ouverture de la société pour se retourner vers ses racines africaines et se réinventer une Afrique romantique et idéalisée. Une image idéalisée du continent-source que l’on retrouve dans la musique du saxophoniste de Jazz John Coltrane, dans celle du poète révolutionnaire, précurseur du Hip-Hop, Gil Scott-Heron jusque dans les mélopées reggae du Jamaïcain Bob Marley. C’est durant la même période que les musiciens maliens, sénégalais, guinéens, béninois, burkinabais…réinventent leur musique, la modernise. Et pour se faire, nombreux sont ceux qui vont puiser dans les productions musicales des diasporas pour étoffer leur registre sans jamais renier la tradition, les langues, les gammes et les instruments propres aux différentes aires culturelles.
À partir du milieu des années 60 le Jazz, comme référence plus que comme réalité musicale (si ce n’est en Afrique du Sud), fait son apparition dans le langage des musiciens de la sous-région. De Franco et L’OK Jazz (on entre OK, on sort KO) au Bembeya Jazz National de Guinnée, il devient gage de modernité au moment même où il s’étiole aux Etats-Unis sous l’impulsion du mouvement de la Soul music, plus proche des revendications et de la réalité sociale de la communauté afro-américaine. C’est le moment où Sam Cooke, de manière prémonitoire, chante « a change is gonna come » (un changement arrive, 1965) et où les orchestres de Highlife du Ghana comme du Nigeria sont à leur apogée. Louis Armstrong, lui-même, avait fait le déplacement à Accra à la fin des années 50 pour savoir qui diable était cet E.T Mensah dont il avait si souvent entendu parler. Le Bembeya remporte quinzaine artistique sur quinzaine artistique et la rumba de Rochereau, de Grand Kalle ou de Franco tourne en boucle sur les ondes de tous les transistors. Gnonas Pedro nous racontait, au cours d’une interview en 2004, que la rumba congolaise était pour lui sa madeleine de Proust, ses parents étaient branchés sur Radio Dahomey « parce qu’après le journal parlé il y avait toujours un peu de rumba congolaise, c’est d’ailleurs comme ça que l’on a appris la nouvelle de l’indépendance du Congo, avec « Indépendance cha-cha » de l’African Jazz… ».

La révolution de l’Afrobeat et l’age d’or du Super Rail Band

La fin des années 60 marque un tournant important. Aux Etats-Unis, malgré de certaines avancées sur le plan législatif, la communauté noire se radicalise sur fond de guerre du Vietnam et d’émeutes raciales dans les ghettos. La musique Funk, plus communautaire que la Soul, fait son apparition peu de temps après les Black Panthers. James Brown chante « i’m black and i’m proud » (je suis noir et je suis fier) et Miriam Makeba fait son retour en Afrique, à Conakry, fuyant les autorités américaines qui traquent son mari, Stokely Carmichael, leader charismatique du mouvement étudiant noir. C’est au même moment que Féla Anikulapo Kuti tourne aux Etats-Unis avec sa formation Koola Lobitos, fait l’expérience de la ségrégation raciale et est initié à l’idéologie des Black Panthers et de Malcom X par une jeune femme membre de cette mouvance. Son retour à Lagos sera capital pour l’évolution de toute une partie de la musique de la sous-région. En 1969 il change le nom de son groupe pour Nigeria 70 puis Africa 70 et passe du Highlife à l’Afrobeat qu’il vient d’inventer avec son batteur Tony Allen en mélangeant musiques Yoruba et Funk. Sa musique prend une dimension politique incontestable et va devenir l’un des idiomes, des langages, principaux de la contestation du népotisme et du néo-colonialisme : « me no be gentleman, me african man ». L’afrobeat, l’afro-funk va se propager à la vitesse d’une onde hertzienne et faire des émules un peu partout. Le Tout Puissant Polyrythmo de Cotonou avec des titres comme « kourougninda wendé », le Béninois Ouinsou Corneille et les Black Santiagos avec « vinon so minsou », Amadou Ballake avec « Super bar konon mousso » au Burkina, « Kelen ati len » de l’Orchestre Baobab du Sénégal, « man pass man, iron de cut iron » du Sierra-leonnais Geraldo Pino, « son of january 15th » du Nigerian Segun Bucknor, etc. La liste pourrait s’étaler sur toutes les pages de ce numéro et traverser l’Atlantique puisque dans les favelas noires du Brésil, comme dans les bals de paillotes guadeloupéens c’est toujours cet idiome, le funk, qui fait vaciller les corps et bouger les esprits.
Pendant ce temps-là, le Mali prend exemple sur la Guinée et finance lui aussi la renaissance de ses musiques. C’est dans ce cadre que va naître l’un des plus fameux orchestres de l’ancien empire Mandingue : le Super Rail Band du buffet hôtel de la gare de Bamako. C’est au sein de cette formation qui regroupe des cheminots des chemins de fer du Mali, que vont bourgeonner certains des plus grands musiciens de la terre de Soundiata Keïta comme Salif Keita ou Mory Kanté. L’age d’or de la musique malienne commence alors et va produire, outre les deux précités, pléthores de musiciens qui vont porter loin les mélodies bambara ou mandingue. Des rives du fleuve Niger jusqu’à celles du Mississipi, des Djélis aux bluesman, il n’y a finalement qu’un océan. Le Super Rail Band navigue durant toutes les années 70 entre répertoire traditionnel et ouverture vers les musiques de l’Atlantique noire en produisant une des discographies les plus riches du continent.

La standardisation, le mal des années 80

Malheureusement, les années 80 marquent un tournant dommageable sur la qualité des productions musicales de la sous-région. D’abord, le financement institutionnel de la musique est, un peu partout, relégué dans les arrières cours du pouvoir politique. Ensuite, la prise de pouvoir par les producteurs, africains comme européens, au détriment des compositeurs, arrangeurs et musiciens (et à cause de certaines évolutions techniques) a porté un coup fatal à la richesse du répertoire. Ces producteurs, sûrs de leurs bonnes intentions, ont alors phagocyté et dénaturé des formes et des genres musicaux pour les faire rentrer dans les standards d’un marché de la musique devenu mondial. Une catastrophe, de notre point de vue, à laquelle ces messieurs donneront le nom de « World Music », concept fourre-tout pour industriels de la musique en mal d’exotisme.
Depuis quelques années, et grâce à de nouvelles évolutions techniques facilitant l’auto-production de la musique, les musiciens ont repris le dessus et s’organisent, tant bien que mal, pour continuer à enrichir le répertoire. Les bateaux sont désormais numériques, les n’gonis sont à pédales et les likembés amplifiés et doni doni l’Atlantique se rétrécit…

Lien Internet :
http://www.radioafrica.com.au/ : base de données discographique sur les musiques de l’Afrique subsaharienne
http://www.felaproject.net/felaone.html : Site consacré à Féla Anikulapo Kuti
http://awesometapesfromafrica.blogspot.com/ : Blog consacré aux archives K7 de musiques de la sous-région, principalement années 70-80
http://likembe.blogspot.com/ : Blog sur les musiques africaines anciennes et modernes
http://aduna.free.fr/aduna.blog/blog : Blog d’infos sur les musiques africaines, anciennes et modernes.
http://analogafrica.blogspot.com/ : Blog d’un label consacré à la réedition des musiques africaines des années 70, principalement Bénin
http://orogod.blogspot.com/ : Magnifique blog consacré aux musiques africaines

Bibliographie :
L’Atlantique Noir : Double conscience et Modernité. Paul Gilroy.. Editions Kargo, 2003
Cinquante ans de musique au Congo-Zaïre. Sylvain Bemba. Présence Africaine. 1984.
L'épopée de la musique africaine - Rythmes d'Afrique atlantique. Florent Mazzoleni, Les Editions Hors-Collection, 2008.
James Brown, l’Amérique noire, la soul, le funk. Florent Mazzoleni, Les Editions Hors-Collection, 2005.
Musiques de toutes les Afriques . Gerald Arnaud, Henry Lecomte. Fayard. 2006.
Discographie sélective :
Rail Band : Belle époque. VOL 1, 2 et 3. Syllart productions.
Guinnée 70 (double CD). Syllart productions.
T.P.Orchestre Poly-Rythmo.The Kings of Benin... Urban groove 1972 – 1980. Soundway records
Legends of bénin. Analog africa.
The Best Of Fela Kuti : The Black President. Universal.
Sénégal 70 Musical effervescence. Syllart productions.

On entre OK, on sort K.O...

8 commentaires:

  1. Merci pour les 2 morceaux de Franco! J'avais cherché ce disque depuis très long.

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  2. I was so happy when I saw this vinyl. The problem is that it is impossible to download the song "Marie Cecile". Can you please help me?

    I had no problem with the other song (Marie Elena).

    LeFranck

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  3. Hi Jimmy. The download is still not working. As before it is stopping at 60% every time. I have tried over 10 times with different web browsers.

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  4. HI, give some times to put it on another download file...

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  5. Hi jimmy. I'm still not able to download the songs. Please help us to get these great tracks by Franco & OK Jazz.

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