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24/01/2010

Entretien avec Clément Mélomé, leader du Poly Rythmo de Cotonou, Bénin, mars 2009



Explication de mon travail de thèse…

Pouvez-vous me raconter votre parcours, votre histoire avec le Polyrythmo ?

Clément Mélomé :
D’abord, moi j’étais un choriste. Après le cours primaire je suis arrivé ici (Cotonou), j’ai fréquenté le collège mais j’ai pas pu continuer les études. Quand, à l’époque, Gégé Vické a sorti des disques, moi aussi j’ai eu envie d’en faire. C’est à ce moment que j’ai eu la vocation de devenir musicien. Après, j’ai commencé à composer des chansons. Quand j’ai commencé à le faire, j’étais avec un certain Lohento Eskill et un certain François Houessou. Nous avons formé un petit groupe. Après nous avons intégré l’orchestre de Sunny Black Band qui était dirigé par un certain Créppy Wallace qui était professeur de sport en France mais qui venait ici pendant les vacances. C’est lui qui a voulu que nous intégrions l’orchestre. Ça nous arrangeait parce que nous aussi on faisait des récitals et nous nous servions de ses instruments pour pouvoir jouer.
Bon, après, lui il devait regagner la France et il m’a nommé chef d’orchestre. C’est à partir de ce moment-là que l’on a composé les premières chansons. Par exemple « Angelina », c’est aussi à ce moment-là que l’on a accompagné certaine vedette comme Blucky D’Almeida, Honoré Avolonto et d’autres. Après, quand Creppy est parti on a eu un peu d’histoires avec sa famille parce que, bon, c’est pas facile de gérer un orchestre. Il faut payer nos déplacements, notre nourriture et tout ça là. Donc on s’est un peu fâché avec la famille et c’est là qu’on a quitté. C’est à ce moment que l’on a rencontré un certain tenancier de bars-dancings et aussi le patron de Polydisco, un vendeur de disques. C’est lui qui nous a acheté nos instruments. Il a voulu qu’on s’appelle « Poly-orchestra » et j’ai dit : « Non, Poly-orchestra ça veut dire plusieurs orchestres ». Moi, j’ai préféré « rythmo », « poly-rythmo » et on a gardé ce nom-là. Celui-là aussi, il n’a pas su nous conserver et il a vendu nos instruments à Nikoué ( ?). On a quitté et Albarika store nous a acheté des instruments et c’est à partir de celui-là que nous avons commencé à faire des vraies choses, des bonnes choses. Nous avons fait beaucoup de disques avec lui. C’était encore en période révolutionnaire et nous avons soutenu la révolution parce que c’est eux qui sont venus vers nous pour nous demander d’être à l’avant-garde de la révolution. Donc nous avons composé beaucoup de morceaux et on les a soutenus pendant au moins dix-huit ans (rires). Mais on a rien gagné parce que, bon, on était pauvre, la révolution aussi n’avait rien, il fallait changer aussi parce qu’il y avait beaucoup de coup d’état et ils sont venus et ils ont anéantie cela. Ça semblait quelque chose de bien pour le pays parce que les coups d’états tout le temps c’est pas bon. C’est à ce moment-là que nous avons fait beaucoup de disques avec Albarika store. Quelques fois on trichait avec d’autres producteurs parce qu’Albarika ne payait pas très bien. On trichait un peu. On a fait beaucoup de tournées, beaucoup de voyages. On a joué le FESTAC 1977 à Lagos et ça nous a permis de nous faire connaître parce que Radio France Inter était arrivée et a beaucoup parlé de nous. C’est comme ça qu’on nous a appelé en Angola. On a été en France mais on a pas joué. On a été en Libye, au Burkina Faso où on a joué avec Thomas Sankara, Congo, Gabon. On imitait beaucoup les vedettes de ce moment-là. Il y avait James Brown, Johnny Hallyday, Richard Anthony…Pas mal de vedettes et à ce moment-là c’était le Jerk donc nous aussi on est rentré là-dedans et on a fait beaucoup de chansons jerk mais en Fon. On chantait un maximum de chansons en Fon. Voilà, donc on imitait les vedettes. On a imité aussi Féla celui qui a fait l’afrobeat, c’était un rythme qui a beaucoup marché au Bénin et en Afrique. On faisait aussi de la salsa, et puis surtout on a été influencé par la musique congolaise.


Vous imitiez la salsa des Congolais ou celle des Cubains ?

Gustave Bento :
Celle des Cubains. On a joué avec l’Orchesta Aragon, avec Johnny Pacheco…
Clément Mélomé : Parce que d’abord on était l’orchestre le plus estimé du Bénin. Si une vedette devait jouer, elle devait jouer avec le Polyrythmo. On accompagnait toutes les vedettes qui arrivaient à Cotonou. Donc on a joué avec tous les Camerounais, les Congolais, les Ivoiriens, toutes ces vedettes qui arrivaient à Cotonou, il n’y avait pas un autre orchestre qui pouvait les accompagner correctement. C’est comme ça que notre nom s’est vraiment élevé.

La musique de Féla était une musique très impliquée politiquement. Il disait des choses osées, à l’époque sur Obasanjo, sur la politique. Est-ce que vous écoutiez ses paroles, ce qu’il disait sur l’Afrique ? Comment avez-vous reçu, à l’époque ses textes ?

Clément Mélomé : Nous avions à l’époque des gens qui connaissaient le Yoruba. Par exemple lui (il montre du doigt Gustave Bento), il connaissait le Yoruba. Donc, on ne prenait pas les morceaux qui insultaient le gouvernement. Non, non, non. On prenait des morceaux qui parlaient des mœurs…Les morceaux d’ambiance comme « Lady », on a exécuté beaucoup de morceaux de Féla, mais on ne prenait pas les morceaux trop politiques.
Gustave Bento : Même le jour que l’on est parti au Nigeria pour jouer dans un festival, il nous a invité dans son bar (le Shrine), il nous a payé des coups à boire. On est resté un peu mais il n’y avait que lui qui pouvait jouer certains morceaux.
Clément Mélomé : Oui, on a joué une fois là-bas, on a joué nos morceaux, c’est lui qui nous avait invité. Albarika s’est arrangé et on est resté dormir dans le bar parce qu’il avait des chambres en haut.

Et comment le public de Lagos a réagi à votre musique ?

Clément Mélomé : C’est-à-dire que c’était un public qui aimait notre musique. D’abord nous avons fait le FESTAC 1977. On a écrit un morceau pour le festival. Et cela a fait vraiment beaucoup de boucan. France Inter nous a classé deuxième mais le pays organisateur, lui, nous classé premier.




Vous disiez toute à l’heure combien il était difficile de gagner sa vie comme musicien, même au sein du Polyrythmo. Qu’en est-il aujourd’hui ? Dans quelles circonstances jouez-vous ? Continuez-vous toujours d’enregistrer des albums ?

Bon, la vie était difficile mais on s’en sortait quand même. On gagnait notre vie et c’était la belle époque parce qu’avec un peu d’argent on pouvait tout faire. On passait bien notre vie. Maintenant c’est un peu difficile. D’abord, pour commencer notre guitariste est mort, avec une suite de membres important qui sont partis. Par exemple le batteur, le chanteur Vicky, puis d’autres sont partis comme Eskil. Donc c’est difficile, mais on a repéré des jeunes qui jouent avec nous, on n’a pas perdu notre manière de jouer. Mais faire des disques avec les jeunes, on ne peut pas. Donc, ce qu’on fait maintenant, c’est que quand il y a quelque chose de très important, on prend des musiciens qui peuvent jouer et ils jouent avec nous. Il y en a. Parmi les ventistes par exemple, il y a de très bons ventistes.

Et donc si j’ai bien compris, il y a des choses que vous veniez jouer en France dans le courant de l’année ?

C’est-à-dire qu’avec le disque qui est sorti (compilation de morceaux des années 1970 du Polyrythmo parue chez Analog Africa) nous avons trouvé une femme de R.F.I qui a voulu faire des choses pour que nous puissions jouer là-bas. Elle a déjà envoyé le contrat et on a signé et maintenant elle va chercher où on peut jouer.

Pour revenir à Féla, en Europe, tout le monde pense qu’il a inventé l’afrobeat, qu’en pensez-vous ?

Clément Mélomé : Oui c’est vrai. C’est lui qui a inventé le rythme « chankokou » ( ?)
Gustave Bento : Oui, c’est leur folklore qu’il a amélioré.
Clément Mélomé : Et puis on se rencontrait souvent en studio à l’époque au studio E.M.I, à Akpakpa, au Nigeria. Souvent nous on venait travailler dans la journée et lui dans la nuit.

Pourquoi alliez-vous au Nigeria pour enregistrer ?

Clément Mélomé : Parce qu’il n’y avait pas de bon studio au Bénin. Quand on a commencé à Cotonou c’était les « Nagra » (enregistreur 4 pistes), vous connaissez ?

Oui, oui, c’est avec un Nagra que je suis en train d’enregistrer…

Clément Mélomé : À l’époque on plaçait le « Nagra » là, sur la table et nous on jouait autour de ce micro. C’est comme ça qu’on enregistrait. Mais après, notre producteur il était habitué aux gens du Nigeria, il connaissait beaucoup de studios, E.M.I, Decca, et il préférait nous emmener là-bas. Il avait une voiture, il nous prenait dedans et on allait faire le disque là-bas.
Gustave Bento : C’était le producteur Albarika store. On l’appelait « Dionna »( Adissa Seidou).
Clément Mélomé : C’était le meilleur.
Gustave Bento : Il nous a même acheté des instruments.

Qu’est-ce que c’est pour vous un bon producteur ?

Clément Mélomé : Quand je dis un bon producteur, c’est pas parce qu’il paye bien. Mais, c’est-à-dire, il s’occupait bien des musiciens. Il nous a acheté les instruments, il nous a acheté un car et puis pour les musiciens qui avaient beaucoup de valeur, il nous achetait à tous des voitures, des motos, tout ça. Il nous entretenait bien.

Est-ce qu’il travaillait avec vous sur la construction des morceaux ?

Clément Mélomé : Non non, il n’était pas musicien, il était commerçant c’est tout. Mais il en a beaucoup vendu, parce qu’il vendait jusqu’en Côte d’Ivoire, partout.
Gustave Bento : C’est lui qui nous a envoyé jouer en Côte d’Ivoire la première fois, par avion.

Vous écoutiez les autres orchestres africains de l’époque comme le Bembeya Jazz, le Super Rail band, Le Baobab… ?

Clément Mélomé : Tous les orchestres qui venaient jouer ici, ils jouaient avec nous. On a joué avec le Bembeya Jazz plusieurs fois, avec le Rail Band, avec les Amazones de Guinée, plusieurs fois. On a joué aussi avec Nahawa Doumbia du Mali, on l’a accompagné ici. On a eu un doyen qui a joué avec nous, c’est Tidiani Koné (saxophoniste malien, fondateur du Super Rail Band du buffet-hotel de la gare de Bamako). Un bon saxophoniste.

Il y avait, pas très loin, au Burkina, des artistes comme Amadou Ballake qui reprenaient beaucoup James Brown vous les connaissiez aussi, vous les écoutiez ?

Clément Mélomé : On les connaissait, mais on a pas joué avec. À l’époque là-bas, au Niger aussi, la musique n’était pas très avancée. Même en Côte d’Ivoire, il y avait seulement François Lugra ( ? ) et puis Ernesto Djédjé. Pour le Ghana, on a connu les Ramblers et le Set ( ? ) Band, ils étaient quatre. C’est avec eux que notre ancien guitariste, Papillon, avait commencé à jouer. On accompagnait tous les musiciens de l’époque comme Danialou Sagbohan. C’est avec nous qu’il a fait son morceau « gbeto vivi ».

On a été en Libye et les gens nous ont fait signer des papiers pour prouver que l’on ne transportait pas des liqueurs. On l’a pas fait, mais arrivés là-bas, pour vérifier qu’on avait pas transporté des liqueurs ils ont laissé tomber les amplis, pour vérifier. Ils étaient fracassés. La moitié des instruments était fracassée. Arrivé ici, on était en période révolutionnaire, et la révolution a commencé par avoir des ennuis. On a écrit au président, il nous a reçu mais personne a rien fait. C’est comme ça qu’on a perdu nos instruments. Aujourd’hui quand on joue, on fait la location des instruments.

Comment la jeunesse béninoise réagit quand vous jouez aujourd’hui ?

Clément Mélomé : Tous les orchestres de jeunes, ils jouent nos morceaux. Ils ne veulent même plus qu’on émerge parce que, bon, partout ou ils passent, il y a toujours nos morceaux. Il y en a même qui prenne nos morceaux. Par exemple, moi, mon morceau « Tombola », quelqu'un l’a pris. Ils apprécient notre musique.
Gustave Bento : Par exemple, s’il a un concert, on nous laisse jouer en dernier. Parce que si on joue en premier, après il n’y a plus personne, tout le monde rentre à la maison (rires des deux).
Clément Mélomé : C’est comme ça, c’est pas qu’on se vante, mais on a travaillé.



Auriez-vous quelques anecdotes drôles sur l’époque ?

Clément Mélomé : On avait écouté une chanson zaïroise, c’est « baya-baya », donc quand on est revenu de Côte d’Ivoire on a composé quelque chose qui ressemblait à ce morceau-là, pour la révolution. Et quand le président Houphouët-Boigny a entendu ça il a voulu que l’orchestre soit l’orchestre de la télévision. Il a voulu nous prendre comme orchestre national. On a dit que le morceau que l’on avait composé était révolutionnaire et il a demandé de ne plus joué ça à la radio…(rires). Et, après, comme il n’a pas pu nous avoir comme orchestre, il a organisé un concours de chanson patriotique en Côte d’Ivoire là-bas. Et il a mis au moins 20 millions (CFA) et il voulait seulement le premier. Le premier gagnait 13 millions et les quatre autres se partageaient le reste comme lot de consolation. Et là, notre producteur est venu et il a demandé :
« - Compose quelque chose.
- Mais je suis pas Ivoirien. »
Il est venu le lundi, le concours se terminait le samedi, donc il est venu le lundi et il m’a dit : « Compose quelque chose ». Donc, on a travaillé le mardi, le mercredi, le jeudi, on a été à Lagos, on a enregistré. Le vendredi lui il est reparti à Lagos, il a pris les échantillons, il est parti, il a donné ça à la radio qui l’a joué. Houphouët-Boigny a entendu ça et il a dit non. Ce qu’on leur a demandé, ils n’ont pas pu le faire, ils ne remettent pas le prix à des expatriés…Et c’est comme ça que j’ai reçu des lettres anonymes, des menaces (éclats de rires). Et donc c’est notre morceau qui s’est vendu comme des petits pains. C’est « Côte d’Ivoire chérie » (Gustave chante : « Pays du café, pays d’ananas… »). On a beaucoup de choses drôles, mais il faut se les rappeler (rires)… video

5 commentaires:

  1. FABULEUX cet entretien ! Me permettrais-tu Jimmy de le poster avec un lien direct pour ton site sur >jammagica.blogspot.com< ?
    Encore bravo !

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  2. Super ! Voilà qui est fait maintenant. Je t'ai envoyé un mail mais pas de réponse. Si tu veux parler de Marseille et ses lieux mon mail est sur le site. A bientôt.

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  3. ON vous adore Monsieur Clément. Tout mes homages. Vos chansons portent de grandes philosophie. Et ne vieillissent JAMAIS.
    Que DIEU VOUS DONNE LONGUE VIE. ET SURTOUT UNE TRES GRANDE SANTE.

    Gérard GANDJI

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